les 146 anciens élèves de Sainte-Marie morts pour la France, 1914-1918

 

 

Louis BADINAND

 

 

BADINAND Louis, fiche MPLF

 

 

Louis Badinand est né le 21 mars 1876 à Saint-Étienne. Il est mort le 14 avril 1915 à Bussang (Vosges).

 

 

fiche matricule de Louis Badinand

 

BADINAND Louis, fiche matricule (1)

BADINAND Louis, fiche matricule (2)

BADINAND Louis, fiche matricule (3)
fiche matricule de Louis Badinand, né le 2 mars 1876

 

 

 

Sainte-Marie, Livre d'Or, 1914-1918

Louis Badinand
de Saint-Étienne

Louis Badinand fut au collège, de 1887 à 1893, le «bon Stéphanois». Pour qui est du pays, on comprend ce que signifie cette épithète d’honneur. Aimable caractère, humeur joyeuse, absence complète de morgue et de fierté, avec une certaine aversion pour les contraintes qui diminuent la chère liberté, il y a là tout un ensemble de qualités précieuses, auxquelles il serait injuste d ne point rendre le plus sincère hommage. En général, le Bon Stéphanois se fait aimer, et Louis Badinand était de ce nombre. On l’aimait pour son entrain, sa simplicité, sa rondeur d’allure, et dans le petit monde du collège il ne devait point avoir d’ennemis.

Aussi, comme on applaudissait avec chaleur à ses succès d’artiste, un jour surtout que son rôle l’avait doté d’un bel uniforme militaire, qu’il portait, ma foi, avec la plus entière satisfaction ! Mais, faut-il en évoquant cette mémoire d’un disparu, insister autant sur ces détails, si étrangers aux graves leçons de la guerre ? Pourquoi pas ? Nous savons que notre cher ancien aimait son collège, en parlait volontiers avec ses amis, et comprenait sans peine que cette période si austère de l’internat est l’étape où se forment les meilleures amitiés de la vie.

Louis Badinand avait fait son service militaire dans les dragons et c’était, certes, un beau et habile cavalier. Mais on lui demanda dès les débuts de la guerre de renoncer à son régiment et il dut accepter le grade de capitaine d’infanterie. À cette époque, on avait plus que jamais le sentiment que le fantassin est le défenseur le plus exposé, et c’était pour aller plus sûrement au péril qu’il disait adieu à ses chers dragons.

En effet, le 15 mars 1915, le sacrifice était consommé : «C’est un crève-cœur pour moi, écrivait-il, de quitter mon régiment, mes camarades, mes hommes. Mais j’offre ce sacrifice à mon pays ; je suis fier d’aller commander ces fantassins qui font si courageusement leur devoir».

Quelques jours passés à Melun au foyer familial, l’aidèrent à retrouver son plein équilibre moral. Une dernière fois, avec la chère compagne de sa vie, il fit ses Pâques dans la chapelle de Saint-Aspais, et le vendredi saint, il quittait cet intérieur où il avait goûté les meilleures joies.

Au jour même de Pâques, il était incorporé au 152e d’Infanterie. Une messe en plein air avait inauguré cette grande journée, sur la hauteur de l’Hartmannswiller. Un grand nombre d’officiers et de soldats communièrent, et Louis Badinand, dès la première heure, donna ce bel exemple à ses hommes et à ses compagnons d’armes : c’était le prélude du «sacrifice» avant l’immolation réelle.

L’immolation suivit de près l’offrande. Le 6 avril, un mardi, un obus tomba sur l’abri où il se trouvait, tuant cinq hommes, blessant son lieutenant et l’atteignant gravement aux pieds et à la cuisse : il avait en effet les deux pieds écrasés.

Malheureusement, les blessés durent rester sur le champ de bataille de 3 heures du soir à 8 heures du matin. Louis Badinand fut donc hospitalisé d’abord dans un poste de secours, puis à Bussang.

Sa blessure ne semblait point mortelle ; mais cependant l’amputation fut jugée nécessaire ; hélas ! après l’opération, la gangrène gazeuse se déclara. Il n’y avait plus d’espoir. Peu de jours après, Louis Badinand était transporté dans le petit cimetière de Bussang, au milieu de ses camarades, de ses hommes, en face des Vosges qui avaient été pendant quelques mois, avant la guerre, le cadre de son bonheur, au foyer du soldat !

 

 

en 1906, Louis Badinand appartenait lieutenant au 1er Cuirassiers

 

officiers du 1er Cuirassiers en 1902
officiers du 1er Cuirassiers, en 1902

 

1er Cuirassiers, à Paris, en 1910
le 1er Cuirassiers à Paris, en 1910

 

 

en 1908, Louis Badinand était lieutenant au 13e Dragons

 

13e Dragons à Lure, sabre au clair
le 13e Dragons, à l'époque où Louis Badinand y était

 

13e Dragons en manœuvres à Lure, officiers
le 13e Dragons, à l'époque où Louis Badinand y était

 

Melun, quartier de cavalerie
le 13e Dragons fut caserné à Lure (Haute-Saône) puis à Melun (Seine-et-Marne)

 

13e Dragons à Melun, 13 avril 1913
le 13e Dragons à Melun, 21 avril 1913 ; Louis Badinand n'en faisait plus partie

 

 

à l'été 1914, Louis Badinand est affecté au 152e régiment d'Infanterie

Louis Badinand, qui avait derrière lui une carrière militaire dans la cavalerie (cuirassiers puis dragons) durant plusieurs années, est affecté au 152e régiment d'Infanterie à la déclaration de guerre. Ce régiment est basé à Gérardmer, dans les Vosges.

 

caserne du 152e RI à Gérardmer
caserne du 152e régiment d'Infanterie à Gérardmer

 

défilé du 152e RI à Gérardmer (1)
défilé du 152e régiment d'Infanterie à Gérardmer

 

défilé du 152e RI à Gérardmer (2)
défilé du 152e régiment d'Infanterie à Gérardmer

 

 

Louis Badinand a fait ses Pâques 1915 dans la chapelle Saint-Aspais à Melun

 

abside de la chapelle Saint-Aspais (Melun)
l'abside de la chapelle Saint-Aspais de l'institution Jeanne d'Arc à Melun

 

chapelle Saint-Aspais, à Melun (1)
chapelle Saint-Aspais de l'institution Jeanne d'Arc à Melun

 

chapelle Saint-Aspais, à Melun (2)
chapelle Saint-Aspais de l'institution Jeanne d'Arc à Melun

 

 

au printemps 1915, Louis Badinand combat dans les Vosges alsaciennes

Le J.M.O. du 152e régiment d'Infanterie mentionne le capitaine Badinand en mars et avril 1915. Son unité est alors dans les Vosges alsaciennes, sur le champ de bataille de l'Hartmannswillerkopf.

 

JMO 152e (1)
le Journal des Marches et Opérations (JMO)
du 152e RI

 

JMO 152e (2)

JMO 152e (3)

JMO 152e (4)
J.M.O. du 152e RI, mars-avril 1915

 

 

 

Louis Badinand est blessé le 6 avril 1915 dans l'Hartmannswillerkopf

 

Hartmannswillerkopf, sommet et monument au 152e
sommet de l'Hartmannswillerkopf (Alsace)

 

Hartmannswillerkopf, sommet
le sommet de l'Hartmannswillerkopf

 

Hartmannswillerkopf, cote 425
la cote 425 de l'Hartmannswillerkopf

 

le Rehfelsen, près du Hartmannswillerkopf
près de l'Hartmannswillerkopf, le piton rocheux du Rehfelsen et la forêt hachée par les canons et la mitraille

 

Hartmannswillerkopf, aujourd'hui (1)
l'Hartmannswillerkopf, aujourd'hui

 

Hartmannswillerkopf, aujourd'hui (2)
l'Hartmannswillerkopf, aujourd'hui

 

 

 

Louis Badinand est mort à Bussang (Vosges), le 14 avril 1915

Blessé le 6 avril 1915, le capitaine Louis Badinand meurt le 14 avril dans une formation sanitaire à l'arrière du front, dans la localité de Bussang (Vosges). Il y avait plusieurs sites de soins, à Bussang, dont celui appelé "les baraquements" et celui de l'Hôtel des Sources, en charge de la chirurgie. Louis Badinand a peut-être été admis dans ce dernier...

 

Historique 152e RI
extrait de l'Historique du 152e RI :
Louis Badinand est le troisième de la liste des officiers morts pour la France

 

Bussang, baraquements, carte écrite 1915
les "baraquements" militaires à Bussang ; lettre d'un malade en mai 1915

 

Bussang, Hôtel des Sources
l'Hôtel des Sources, à Bussang : en charge de la chirurgie pendant la guerre

 

 

Louis Badinand a été inhumé à Bussang

 

Bussang, cimetière militaire
Louis Badinand a été enterré à Bussang (Vosges)

 

 

 

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