les 146 anciens élèves de Sainte-Marie morts pour la France, 1914-1918

 

 

 

 Camille AUVERGNON

 

 

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Camille Auvergnon est né le 12 septembre 1892 au Puy (Haute-Loire). Il est mort le 28 septembre 1914 à l'hôpital Desgenettes, à Lyon. Il avait vingt-deux ans.

Il s'est engagé au 61e régiment d'infanterie en juillet 1913. Nommé sergent le 3 août 1914.

La notice du Livre d'or affirme qu'il a été blessé à Blamont (Meurthe-et Moselle) le 1er septembre 1914. C'est assez surprenant. À cette date, son régiment bataillait dans les faubourgs ouest de Lunéville et dans la forêt de Vitrimont, à 30 km de Blamont, et cette localité est restée sous occupation allemande pendant toute la guerre.

 

 

actes d'état civil

 

acte naissance Camille Auvergnon
acte de naissance de Camille Auvergnon

 

acte décès Camille Auvergnon
acte de décès de Camille Auvergnon

 

 

fiche matricule de Camille Auvergnon

 

AUVERGNON Camille, fiche matricule (1)

AUVERGNON Camille, fiche matricule (2)
fiche matricule de Camille Auvergnon, né le 12 septembre 1892

 

 

Sainte-Marie, Livre d'Or, 1914-1918

Camille Auvergnon, du Puy, était sergent au 61e d’Infanterie, à Aix-en-Provence, au moment de la déclaration de guerre. Comme tant d’autres, comme les jeunes surtout, il s’achemine vers le front plein d’ardeur et de courage. Par nature d’ailleurs, c’était un ardent !

ans doute on l’avait reconnu comme tel, car on l’avait désigné pour faire partie de l’escorte du Drapeau. Cet honneur l’avait rempli de joie : «Soyez-en sûr, se plaisait-il à écrire dès cette époque, je reviendrai avec mon drapeau couvert de gloire !» Quelle fascination que celle de cette gloire sur une âme de jeune bien disposé ! Elle le prépare à tous les héroïsmes.

Arrivé sur la frontière, il eut à se battre successivement à Lunéville, à Dieuze, à Sarrebourg et enfin à Blamont. Au cours d’une de ces journées, il sut se prodiguer pour transporter son capitaine à l’ambulance, sans se soucier de son péril personnel. «Je n’ai fait que mon devoir», répondait-il simplement, lorsqu’on le félicitait pour cet acte de courage.

Cependant cette ouverture de campagne fut rude pour le jeune sergent.

  • «Voilà 16 jours, écrivait-il, que nous sommes dans la fournaise. J’ai vu tomber tour à tour officiers et soldats, et suis étonné de me trouver encore vivant. Ma capote et mon sac ont été troués par les balles ; mais je n’ai reçu que quelques égratignures».

Au milieu de cette «fanfare des balles et des obus», comme il l’appelle, son moral reste excellent. Seul, le souvenir des siens lui arrache quelques larmes :

  • «Je pleure, en lisant vos lettres, parce que j’ai peur, non pas de la mort, mais peur de ne pouvoir vous embrasser encore, avant de me réveiller dans l’autre monde».

Comme on aime à trouver dans ces cœurs de soldats ces élans de tendresse, qui permettent de mieux apprécier encore la valeur de leur patriotisme. Le sacrifice coûte à la nature, et c’est précisément parce qu’il coûte qu’il constitue le meilleur témoignage d’affection.

Il craignait donc de ne plus voir les siens. Il les revit sans doute, mais alors qu’il était cloué par d’horribles blessures sur son lit d’hôpital. Le 1er septembre, en effet, à Blamont, vers 5 heures du matin, il fut criblé par des éclats d’obus. Les deux reins avaient été atteints grièvement, et le bras gauche, fortement labouré. Il n’y avait aucun espoir de le sauver.

Sa mère assista à sa longue agonie, et le 28 septembre elle reçut le dernier soupir de son cher Camille, dont la mort fut consolée par tous les secours de la religion. Le petit sergent avait autour de lui pour l’assister dans cette lutte suprême l’aumônier de l’hôpital, les prêtres infirmiers et sa mère. Dieu, famille et patrie ! Ce triple amour avait fait sa force et devait être sa dernière consolation.

 

 

en 1914, Camille Auvergnon, était sergent au 61e d’Infanterie, à Aix-en-Provence

 

Aix, caserne Rostolan-Miollis (1)
la caserne Rostolan, ou Miollis, abritait le 61e régiment à Aix-en-Provence

 

Aix, caserne Rostolan-Miollis (2)
Camille Lauvergnon était sergent au le 61e régiment à Aix, en 1914

 

soldats du 61e RI, avant 1910
soldats du le 61e régiment à Aix, avant 1910

 

soldats du 61e RI, 7 février 1914
fête des nouvelles recrues au 61e régiment à Aix, 7 février1914 (source)

 

 

Camille Auvergnon a été blessé par éclats d'obus à Blamont,

le 1er septembre 1914, selon le Livre d'or...

 

Blamont, 1914-1918 (1)
Blamont (Meurthe-et-Moselle) en 1914-1918

 

Blamont, 1914-1918 (2)
Blamont (Meurthe-et-Moselle) en 1914-1918

 

Blamont, avril 1915, soldats allemands
soldats allemands occupant Blamont, avril 1915

 

 

...or, à cette date, Blamont était en territoire contrôlé par les Allemands

 

Lunéville, Blamont, 27 août 1914 au soir, légendé
carte AFGG (les Armées françaises dans la Grande Guerre, site Mémoire des hommes) ;
en bleu, les troupes allemandes, en rouge les françaises

 

 

 

Camille Auvergnon a dû être blessé aux alentours de Lunéville

La consultation des différents J.M.O. de régiments, de la 60e brigade et de la 30e division d'infanterie ainsi que de la cartographie, ne permet pas d'identifier un lieu dénommé Blamont, ou une forme approchante, situé dans le secteur où évoluait le régiment de Camille Auvergnon à la date de sa blessure (1er septembre 1914) qui entraîna sa mort à la fin du mois.

Le rédacteur de la notice du Livre d'or a-t-il été mal informé, a-t-il mal retranscrit un nom différent ? Rien n'autorise une hypothèse aujourd'hui. En tout cas, il est certain qu'il ne sagit pas de la commune de Blamont, située 30 km à l'est de Lunéville et occupée dès le début de la guerre par les Allemands.

Camille Lauvergnon a probablement été touché au cours des opérations qui visaient les faubourgs ouest et nord de Lunéville. La lecture du J.M.O. du 61e régiment d'infanterie fournit un récit assez évocateur.

 

JMO 61e RI, 1er sept 1914 (1)

JMO 61e RI, 1er sept 1914 (2)

JMO 61e RI, 1er sept 1914 (3)

JMO 61e RI, 1er sept 1914 (4)
J.M.O. (journal des marches et opérations) du 61e R.I., 1er septembre 1914

 

  • transcription de l'extrait du J.M.O. du 61e régiment d’infanterie, 1er septembre 1914

Exécution.

L’attaque du 61e a cherché à progresser à partir de 7 heures sous un feu violent d’artillerie de campagne et d’obusiers et par intervalles d’artillerie lourde. Le bataillon de gauche ne peut dépasser la crête, en avant de la Faisanderie où les premiers éléments d’infanterie se retranchèrent légèrement ; à droite, les compagnies qui progressent sont prises d’enfilade par un violent feu d’infanterie et mitrailleuses parti du faubourg de Viller (1).

Le 1er bataillon en soutien est parti en avant au reçu d’un ordre du général de brigade à 9 heures prescrivant d’accentuer le mouvement.

La 2e compagnie et la 4e compagnie, privée de son chef, se reportent à la lisière où elles sont ralliées, la 3e gagne la tranchée et s’y maintient sans pouvoir entraîner la ligne.

Occupation de la tranchée N.

À midi trente, nouvel essai infructueux. Les mitrailleuses, dont 3 pièces sont en ligne sur la bordure du plateau de Vitrimont et 2 en échelon vers la gauche dans le parc du château de la Faisanderie, essaient par leur feu de faciliter la progression de l’infanterie.

Immédiatement repérées, elles reçoivent, surtout dans le parc que les hautes façades du château rendent visible de tout l’horizon, des rafales violentes de 150 et de 105.

Une équipe entière, caporal, servants et pourvoyeurs, est broyée à la pièce de l’angle du mur, et parmi eux le soldat Chabert, de Chomérac, cité à l’ordre du régiment : «réserviste du service auxiliaire et ne pouvant se faire incorporer avant le départ, s’embarqua en fraude avec le 1er bataillon, se présenta au débarquement, fut incorporé aux mitrailleuses comme pourvoyeur et fit preuve du plus grand courage à Guébestroff (2), à Mont et à l’attaque de Frescati où il fut tué».

Les compagnies qui reçoivent une bonne part des rafales tiennent le bord du plateau dont le ravin qui le borde à l’est est enfilé par les batteries enterrées à Lunéville et les mitrailleuses des maisons de la lisières.

Sur la crête de Frescati, l’infanterie ennemie, retranchée derrière des petits murs de clôture étagés, est presque invisible.

Le 69e accroché à l’éperon nord-ouest, ne peut progresser non plus.

À la nuit tombante, les compagnies regagnent la lisière du bois.

Les capitaines Lelorrain, Coffy et Péri sont blessés, le dernier adjoint au chef de corps (3), très grièvement après s’être prodigué partout comme aux combats de Dieuze et de Mont. Pertes sensibles s’ajoutant aux combats des 25 et 26.

 

1 - Le faubourg de Viller est situé à l’ouest du territoire de Lunéville.
2 - En Moselle.
3 - Un chef de corps est le commandant d’un régiment, en principe un colonel, ou un lieutenant-colonel.

 

JMO 61e, attaque 1er sept 1914
l'attaque de Frescati (Meurthe-et-Moselle), 1er septembre 1914 (carte IGN 1950, Géoportail)

 

la Faisanderie et Friscati, carte IGN 1950
la Faisanderie et Frescati (Friscat)

 

Faisanderie bombardement 25 août 1914
la Faisanderie, après le bombardement allemand du 25 août 1914

 

champ de bataille Faisanderie
le champ de bataille de la Faisanderie

 

château de la Faisanderie après bombardement
château de la Faisanderie ; début septembre 1914, il n'avait pas encore été bombardé

 

tombe dans bois Rehainviller
bois de Rehanviller, partie de la forêt de Vitrimont (tombe d'un soldat)

 

 

 

 

hôpital Desgenettes, à Lyon, pendant la guerre

 

hôpital Desgenettes, soins infirmiers
hôpital Desgenettes, à Lyon : soins infirmiers

 

hôpital Desgenettes, blessés et personnel soignant
hôpital Desgenettes, à Lyon : blessés et personnel soignant

 

hôpital Desgenettes, blessés
hôpital Desgenettes, à Lyon : blessés

 

hôpital Desgenettes, transport d'un défunt
hôpital Desgenettes, à Lyon : transport d'un défunt

 

 

 

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