école Sainte-Marie à Saint-Chamond

mercredi 26 juin 2019

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chevet de la chapelle, Sainte-Marie jpg

 

- blog consacré à l'histoire et au patrimoine de l'école Sainte-Marie à Saint-Chamond dans le département de la Loire (42)

 

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5 - anciens élèves devenus célèbres

6 - souvenirs et témoignages

** liste des anciens élèves de l'école Sainte-Marie à Saint-Chamond, tués à la guerre de 1914-1918

et notices biographiques des 146 "Morts pour la France"

 

Michel Renard, professeur d'Histoire
au lycée Claude Lebois à Saint-Chamond

 

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lundi 4 mars 2019

liste des anciens élèves de l'école Sainte-Marie de Saint-Chamond tués à la guerre de 1914-1918

liste anciens élèves Sainte-Marie tués, 1914-1918 (1)

 

 

liste des anciens élèves de l'école Sainte-Marie

tués à la guerre de 1914-1918

 

 

 

J'ai retrouvé dans les archives de l'école Saint-Marie, déposées aux archives municipales de Saint-Chamond, une brochure éditée par l'école, dès 1918, recensant tous les anciens élèves morts pendant la Première Guerre mondiale.

  • On en compte 143.
  • Tous ne sont pas identifiés quant à leur origine géographique. Mais quand celle-ci est indiquée, il est possible de relever 21 anciens élèves provenant de Saint-Chamond (soit 15% environ).
  • L'école Saint-Marie a donné à l'armée de nombreux sous-officiers (sergents) : 18 éléments (soit 12,5%) ; ou officiers (aspirant, lieutenant et même capitaine) : 30 éléments (soit 21%). Les officiers et sous-officiers représentent donc un tiers des anciens élèves de Sainte-Marie.
  • Il y a aussi 3 aviateurs.
  • On remarque des combattants engagés dans l'encadrement des troupes coloniales : 5e Colonial, Tirailleurs algériens, 1er et 2er régiment de Marche d'Afrique, 8e Colonial, 3e Zouaves, Chasseurs d'Afrique, 54e Colonial d'artillerie.
  • Pas mal de Chasseurs alpins également : 15 éléments (10,5%).

Une liste établie peu après fournit un total de 146.

J'ai créé une fiche pour chacun d'entre eux et rassemblé les éléments d'informations qui les concernent [voir ci-dessous la liste avec les liens individuels] à partir du fichier des "morts pour la France" (site Mémoire des hommes), des fiches matricules (recrutement militaire), des actes d'état civil, des notices du Livre d'or édité par l'école Sainte-Marie peu après la guerre, et de diverses autres sources biographiques.

Le Livre d'or compte 77 notices individuelles, c'est-à-dire la moitié du total des tués. Sur le total, deux individus n'ont, pour l'instant, pas été identifiés.

Il existe très peu de portraits de ces anciens élèves, que ce soit de leur passage scolaire ou après. On en a tout de même trouvé certains auquels on a ajouté une information iconographique sur les lieux fréquentés : régiments, combats, tranchées, mort... Les photographies d'individus autres sont là pour évoquer un contexte, des soldats peut-être croisés par les anciens de Sainte-Marie voire connus d'eux.

C'est un mémorial offert à leur sacrifice et à l'exemple qu'ils nous laissent.

 

____________________

 

L'école Sainte-Marie, sous l'impulsion du père Mulsant, a sollicité le témoignage des familles et proches des disparus, dès le mois d'avril 1915.

 

lettre_Mulsant__11_avril_1915
lettre du père Mulsant adressée aux familles, 11 avril 1915

 

Au milieu des circonstances actuelles, nous tiendrions beaucoup, comme vous le comprenez, à conserver le souvenir de nos chers anciens, tombés pendant la guerre, victimes de leur devoir. Aussi, je m’adresse à chacun des familles de ces «Glorieux disparus» pour avoir sur eux tous les renseignements désirables.

En vue de former ce martyrologe de héros, je me permets donc de vous demander de me faire connaître, de la façon la plus exacte, les circonstances de temps, de lieux, de combats, qui nous aideraient à faire de suite ce précieux inventaire. Il nous serait agréable de posséder aussi la copie des documents publiés dans les feuilles publiques à l’occasion de ces morts souvent si héroïques. Combien je vous serais reconnaissant de vouloir bien me procurer sur votre fils, notre cher ancien, ces renseignements divers ! Rien ne saurait intéresser davantage la grande famille des Élèves de Sainte-Marie !

J. Mulsant

 

 

____________________

 

 

institution Sainte-Marie, cpa
Sainte-Marie telle que les anciens élèves l'ont connue : la chapelle n'était pas encore construite, elle le fut en 1923

 

 

liste des anciens élèves tués à l'ennemi

 

liste anciens élèves Sainte-Marie tués, 1914-1918 (1)
Liste des anciens élèves tués à l'ennemi,
Institution Sainte-Marie près Saint-Chamond, 1918

 

liste anciens élèves Sainte-Marie tués, 1914-1918 (2)

 

liste anciens élèves Sainte-Marie tués, 1914-1918 (3)

liste anciens élèves Sainte-Marie tués, 1914-1918 (4)

liste anciens élèves Sainte-Marie tués, 1914-1918 (5)

liste anciens élèves Sainte-Marie tués, 1914-1918 (6)

liste anciens élèves Sainte-Marie tués, 1914-1918 (7)

liste anciens élèves Sainte-Marie tués, 1914-1918 (8)

liste anciens élèves Sainte-Marie tués, 1914-1918 (9)

liste anciens élèves Sainte-Marie tués, 1914-1918 (10)

 

 

Liste des anciens élèves

de l’institution Sainte-Marie morts pour la patrie,

1915-1918

 

Ci-dessous, la transcription des noms et renseignements tels qu'ils figurent dans la brochure (sans correction des erreurs ou imprécisions... à quelques exceptions près).

Des données supplémentaires (fiche "Mort pour la France", notamment) et des rectifications sont fournies en cliquant sur le nom de chaque personne.

 

1 - Étienne AGIER, de Bastia (1916).

2 - Maurice ALIROL, aspirant au 87e d’Infanterie, disparu le 7 mai 1917, au mont Spuy, entre Berry-au-Bac et Reims.

3 - Camille AUVERGNON, du Puy, sergent au 61e d’Infanterie.

4 - Georges AUZENAT, caporal au 32e bataillon Alpins, tué à Vaux, le 15 décembre 1916.

5 - Louis BADINAND, de Saint-Étienne, capitaine d’Infanterie.

6 - Jean BAJARD, de Rive-de-Gier, caporal au 157e d’Infanterie, tué le 7 avril 1915, au bois de Montmart.

7 - Maurice BALAS, de Saint-Chamond, caporal au 13e bataillon de Chasseurs Alpins, tué le 14 juin 1915, près de Metzeral (Alsace).

8 - Stéphane BALAS, de Lyon, Artillerie lourde.

9 - Joseph BALP, de Vienne, au 22e d’Infanterie, tué le 25 septembre 1914, à Foucaucourt.

10 - Paul BARATIN, de Lyon, au 157e d’Infanterie, tué au bois d’Avocourt, le 29 mars 1916.

11 - Alfred BARD, d’Albertville, au 109e d’Infanterie, mort le 11 décembre 1914.

12 - Pierre BARRET, du Puy.

13 - Paul BERNARD, de Dijon, capitaine.

14 – Raymond BLANC, de Saint-Étienne, au 38e d’Infanterie, tué le 25 août 1914.

15 - Louis BLANCHON, au 210e d’Infanterie, mort de ses blessures à l’ambulance alpine, le 14 mars 1917.

16 - Jean BOIRON, de Saint-Chamond.

17 – Dominique LA BONNARDIÈRE, de Lyon.

18 - Antoine BONNET, de Lyon, sergent au 5e Colonial, mort le 14 juillet 1915.

19 - Paul BONNET, de Rive-de-Gier, caporal au 153e d’Infanterie, tué le 29 avril 1918.

20 - Léon BORDET, de Saint-Étienne, sergent au 51e bataillon de Chasseurs Alpins, tué à Saint-Dié, le 27 août 1914.

21 - Louis BOULIN, de Saint-Étienne.

22 - Jean BOURDERY, de Lyon, lieutenant au 12e Génie.

23 - Joseph BROTIER, de Saint-Étienne.

24 - Irénée BRUN, de Saint-Chamond, aviateur.

25 - Maurice BUREL, de Lyon, au 17e d’Infanterie.

26 - Antoine CAILLET, de Lyon, sergent au 159e d’Infanterie, tué le 5 septembre 1914, au col des Haut-Bois (Vosges).

27 - Henri CARSIGNOL, de Valence, lieutenant au 22e d’Infanterie, tué le 24 septembre 1914.

28 - Antonin CARTERON.

29 - Ernest de CHABANOLLES, au 54e d’Artillerie, tué le 16 octobre 1916.

30 - Dominique CHABUEL, de Lyon, au 175e d’Infanterie, tué aux Dardanelles.

31 - Joseph CHALAND, de Saint-Chamond, au 38e d’Infanterie, tué à l’Écouvillon (Oise), le 16 septembre 1914.

32 - Paul de LA CHAPELLE, de la Rouge, près de Bourg.

33 - Antoine CHATAGNON, de Saint-Chamond, au 22e d’Infanterie.

34 - Raymond CHOMIENNE, de Lorette, caporal mitrailleur, tué le 27 août 1914, à Baccarat.

35 - Marcel COLIN, de la Tour-Salvagny.

36 - Émile CONVERS, de Saint-Paul-Saint-Romain.

37 - Jean-Baptiste COS, d’Alger, aspirant aux Tirailleurs algériens, tué au Bois des Corbeaux, le 7 mars 1916

38 - Claude COURBON, télémétreur de la 2e compagnie de mitrailleurs du 1er régiment de Marche d’Afrique.

39 - Marcel COUVERT, au 99e d’Infanterie, mort des suites de ses blessures, à 37 ans.

40 - Louis DEBARD, de Saint-Chamond, au 22e d’Infanterie.

41 - Charles DÉCHELETTE, de Montagny, caporal mitrailleur au 37e d’Infanterie, tué le 22 décembre 1914, à Bischoote (Belgique).

42 - Édouard DÉCHELETTE, de Porto.

43 - Joseph DÉCHELETTE, de Roanne, capitaine au 298e d’Infanterie, chevalier de la Légion d’honneur, tombé mortellement frappé à Vingré (Aisne), le 4 octobre 1914.

44 - Marcel DELAY, de Rive-de-Gier, au 22e d’Infanterie, tué le 24 août 1914, au col d’Urbeis (Alsace).

45 - Henri DESBENOIT, lieutenant au 232e d’Infanterie (décoré de la Croix de guerre).

46 - Jean DUCLAUX DE MARVILLE, sous-lieutenant au 414e d’Infanterie, tué le 3 août 1916.

47 - Ennemond DUCLOS, commandant la 23e compagnie du 252e d’Infanterie, tué le 27 mai 1918.

48 - Thomas DUGAS, de Saint-Chamond.

49 - Jules DUPIN, de Montbrison, sous-lieutenant au 30e Alpins.

50 - Francisque DUPRÉ, de Panissières.

51 - Charles DURAND, d’Annonay, aviateur. [le seul Durand identifiable est : Paul DURAND et il n'était pas aviateur]

52 - Joseph ESCOFFIER, de Lyon, lieutenant au 30e Dragons, tué le 28 janvier 1915.

53 - Georges EYMARD, de Lyon.

54 - Paul FAVIER, à la 13e section d’Infirmiers, mort à l’hôpital militaire de Mayenne.

55 - Marc FINAZ, de Saint-Chamond, lieutenant au 238e d’Infanterie, tué le 13 novembre 1914, à Vouvron (Aisne).

56 - Maurice FOUCHÈRE, de Grand-Croix, caporal au 28e Chasseurs alpins, tombé mortellement frappé le 6 septembre 1914, vers Mandray.

57 - Jacques FOUJOLS, de Saint-Étienne, caporal au 339e, mort le 4 octobre 1914.

58 - Pierre de FRAIX, de Moulins, sergent au 98e d’Infanterie, blessé mortellement à Lassigny, le 22 septembre 1914, mort le 10 novembre.

59 - Pierre FULCHIRON

60 - Francisque DES GARETS, de Saint-Donat, mort à Strasbourg, le 22 août [22 novembre] 1914.

61 - Charles GIGNOUX, de Lyon, sergent.

62 - Régis GIGNOUX, commandant.

63 - Pierre GIRAUD, de Lyon.

64 - Henri GONNET, lieutenant au 14e Chasseurs, tombé pour la France le 18 juin 1918.

65 - Frédéric GOUY, de Vals, sergent au 8e Colonial, tué le 27 août 1914.

66 - Jean GOUY, de Vogüé, sergent des Chasseurs alpins.

67 - Iwan GRANGIER, de Saint-Chamond, au 312e d’Infanterie.

68 - Henri de GRASSIN, brigadier au 1er d’Artillerie, mort le 19 septembre 1916, à Châtillon-sur-Seine.

69 - André GUICHARD, de Saint-Étienne, caporal mitrailleur au 22e d’Infanterie, tué le 4 septembre 1914, aux environs de Saint-Dié.

70 - Pierre GUICHARD, de Vienne.

71 - Raoul HANOTTE, de Saint-Symphorien-de-Lay, blessé mortellement le 16 septembre 1914, à Elincourt-Sainte-Marguerite (Oise).

72 - Antonin HUMBERT, de Saint-Martin-en-Coailleux, sergent au 268e, tué le 8 septembre 1914.

73 - André JACOD, de Saint-Étienne.

74 - Charles JAUBERT, au 99e d’Infanterie, détaché au contrôle postale de Bellegarde, décédé le 7 mai 1917.

75 - Pierre JAUBERT, de Lyon, sergent au 52e de Ligne, tué le 1er novembre 1914, à Villers-Bretonneux.

76 - René JAUBERT, de Lyon, capitaine au 29e Chasseurs, tué le 10 septembre 1914, au combat de la Vaux-Marie (Meuse).

77 - Henri JOSSERAND, de Lyon, au 1er d’Artillerie de montagne.

78 - Irénée JURY, de Saint-Chamond, capitaine au 121e Chasseurs à pied, tué le 27 juillet 1915.

79 - Joseph KLOTZ, de Saint-Chamond, caporal au 122e d’Infanterie.

80 - Alphonse LAMBERT, d’Annonay, aspirant, tué le 30 juin 1915.

81 - Aimé LAMY, élève aspirant au 116e bataillon de Chasseurs alpins, tué le 25 avril 1917, au Chemin-des-Dames.

82 - Paul LANGERON, de Lyon, pilote aviateur de la 2e réserve, tué accidentellement en service commandé, le 22 août 1914.

83 - Jean LAURENT, sous-lieutenant au 31e d’Artillerie, chevalier de la Légion d’honneur, tué le 25 mai 1917.

84 - Paul de LESTRAC, lieutenant au 6e Tirailleurs algériens, tué le 28 août 1917. [1914]

85 - Joseph LEVRAULT, d’Aubenas.

86 - Louis LEVRAULT, d’Aubenas, au 52e d’Infanterie, tué le 3 septembre 1914, près de La Salle.

87 - Georges MAILLARD, de Rive-de-Gier, au 11e Chasseurs alpins.

88 - Pierre MANÈS [MANHÈS], au 18e d’Artillerie, tué le 1er juillet 1916, à la carrière de l’Éclusier, près Cappy (Somme).

89 - Joseph MATHIEU, de Toulon, capitaine, tué en Alsace, au début de la guerre.

90 - André MAYET, de Lyon, brigadier éclaireur au 54e Colonial d’Artillerie, tué le 2 octobre 1914, près de Péronne.

91 - Bernardin MÉCHIN, de Lyon, caporal au 22e régiment d’Infanterie, tué le 12 mai 1916, à Fleury, devant Douaumont.

92 - Julien MONTGOLFIER, de Tournon.

93 - Charles MOREL, de Saint-Chamond, chevalier de la Légion d’honneur, lieutenant au 22e Colonial.

94 - Alexandre MOURIER, sous-lieutenant au 156e d’Infanterie, tué le 2 juillet 1916.

95 - Auguste NEYRAND, de Saint-Chamond, sergent au 159e d’Infanterie, tué le 9 mai 1915, devant Souchez.

96 - François NEYRAND de Saint-Chamond.

97 - Joseph NEYRON, de Saint-Chamond, sergent au 230e d’Infanterie, tué le 22 septembre 1914, à Fonteny-sur-Aisne.

98 - Henri NOYE, sergent observateur au 38e d’Infanterie.

99 - Louis NOYE, de Saint-Étienne, sergent au 38e d’Infanterie, tué le 25 août 1914, à Baccarat.

100 - Pierre PATISSIER, brigadier-infirmier au 45e d’Artillerie, aumônier régimentaire, décoré de la Croix de guerre et de la Croix de Saint-Georges, trois cité à l’ordre du jour, tué le 14 septembre 1917.

101 - Pierre PAUCHON, du Puy, au 3e Zouaves, tué le 1er mars 1915, à Sillery.

102 - Gustave PERDU, de Roanne, capitaine des Chasseurs alpins.

103 - Georges PETIT, sergent au 8e d’Infanterie Coloniale, mort le 7 juillet 1916, à l’hôpital militaire de Marseille.

104 - Louis POMÉON, de Saint-Chamond.

105 - Henri PRÉNAT, brigadier aux Chasseurs d’Afrique, tué en Albanie.

106 - Antoine PRORIOL, sergent au 162e d’Infanterie, tué à Verdun, le 23 septembre 1917.

107 - Nérée RADISSON, de Lyon.

108 - Victor RADISSON, de Lyon.

109 - Pierre RIGAUD, de Rive-de-Gier, au 57e Chasseurs, tué le 30 juin 1915.

110 - Louis RIGOT, de Lyon, caporal au 5e Chasseurs alpins.

111 - Paul ROCHE, de Roanne, capitaine au 12e Chasseurs alpins, tué le 8 mars 1915.

112 - Jacques ROPERT, de Saint-Étienne, sergent au 38e d’Infanterie.

113 - Pierre ROUSSE, de Montbrison, au 17e d’Infanterie.

114 - Louis ROYET, de Saint-Martial (Ardèche).

115 - Pierre SATIN, de Saint-Chamond.

116 - Paul TEYSSOT, de Saint-Étienne.

117 - Joseph THIBAUDIER, de Rive-de-Gier, aspirant au 11e bataillon de Chasseurs alpins.

118 - Félix VALLAS, de Roanne.

119 - Joseph VERGNETTE, de Saint-Étienne, sous-lieutenant au 16e d’Infanterie, tué le 18 décembre 1914, au bois de Cany.

120 - Mathieu VEILLON, de Saint-Chamond, au 229 e d’Infanterie tué le 30 août 1914, à Gerbéviller.

121 - Bernard [QUARRÉ] de VERNEUIL, de Tournus, sous-officier au 408e d’Infanterie, tué le 8 mars 1916, au fort de Vaux.

122 - Jean VIORNERY, de Maclas (Loire).

123 - Pierre VILLET, de Saint-Jean-de-Maurienne, sous-lieutenant au 13e bataillon de Chasseurs alpins, tué le 21 avril 1916.

124 - Ernest VITOU, aspirant aux Chasseurs alpins, tué le 3 juin 1917.

125 - Paul VITOU, caporal au 67e d’Infanterie, tué le 2 août 1916, près de Verdun.

 

liste supplémentaire

 

126 - Charles HELLY d’ANGELIN, de Valence, 4e Chasseurs d’Afrique, décédé à Salonique.

127 - Stéphane BALAS, de Lyon.

128 - Léo BARRAL, de Crest.

129 - Louis BARTHEZ, de Carcassonne, 80e d’Infanterie.

130 - Jacques BEAUREGARD, de Charentay.

131 - Jacques BOUVET, de Saint-Jean-de-Bournay.

132 - Étienne CHILLET, au 189e d’Artillerie lourde (1918).

133 - Paul EYMARD, de Lyon, au 410e d’Infanterie (1918).

134 - Léon GUILLAUMOND, de Montfaucon (1918).

135 - Paul HYVERNAT, de Rive-de-Gier (1918).

136 - Michel LEBLANC, de Limoges.

137 - Marc LERICHE, de Roanne, sergent au 359e d’Infanterie (1918).

138 - Xavier MARTIN, de Saint-Étienne [de Lille] (1917).

139 - François MONIER, de Saint-Chamond, au 84e d’Artillerie lourde.

140 - Louis MOULIN, de Saint-Chamond, au 75e d’Infanterie (1914).

141 - Abel PRENAT, de Saint-Chamond, aux Dardanelles.

142 - Joseph COFFY.

143 - François DESVEAUX.

 

autres noms ne figurant pas sur les listes

 

144 - Antoine JOURDIER, de Nevers, 8e régiment de Chasseurs à cheval, mort le 9 novembre 1918.

145 - Pierre PINAY, de Saint-Symphorien-sur-Coise

146 - Joseph MOURIER, de Villevocance, mort le 19 avril 1918

147 - Louis DIOT, de Trévoux

 

Michel Renard
professeur d'histoire

 

le canon, dessin, arch Ste-Marie
Le canon, dessin de P. Camus,
source : archives municipales de Saint-Chamond : fonds de l'école Sainte-Marie, 15S 2298-2321,
probablement un canon de 155 mm L modèle 1877

 

 

 

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mercredi 14 novembre 2018

Étienne AGIER

les 146 anciens élèves de Sainte-Marie morts pour la France, 1914-1918

 

 

Étienne AGIER

 

 

AGIER Étienne, fiche MPLF

 

Étienne Agier est né le 8 avril 1894 à Aubenas (Ardèche). Il est mort le 23 avril 1916, à Bastia (Corse). Il avait vingt-deux ans.

Il a quitté le collège Sainte-Marie en 1912.

Lors du recensement, il était ingénieur électricien.

Il est incorporé début septembre 1914 au 7e régiment d'artillerie à pied (dénomination datant de mars 1916), c'est-à-dire de l'artillerie de forteress. Il passe au 81e régiment d'artillerie lourde le 18 novembre 1915.

Étienne Agier est réformé en février 1916 pour cause de «péritonite bacillaire de forme ascitique» qui s'est déclarée lorsqu'il était à Nogent-sur-Marne mais contractée probablement au fort du Barbonnet (Alpes-Maritimes).

Il est mort dans sa famille, en Corse.

 

 

fiche matricule d'Étienne Agier

 

AGIER Étienne, fiche matricule (1)

AGIER Étienne, fiche matricule (2)
fiche matricule d'Étienne Agier, né le 8 avril 1894

 

 

Sainte-Marie, Livre d'Or, 1914-1918

Fils d’un ancien élève, Étienne Agier est dans toute la force du terme un enfant de Sainte-Marie. Il y a laissé le meilleur souvenir. Son application, sa ténacité dans l’effort, le sérieux constant de son caractère le signalaient à l’attention de ses maîtres et sa bonhomie habituelle - que n’altérèrent jamais ses succès - le rendaient sympathique à tous ses camarades.

C’est en juillet 1912 qu’il quitta le collège. Il semblait fortement armé pour les luttes de la vie et l’on escomptait déjà pour lui une brillante carrière ? N’avait-il pas à son service une belle intelligence et une grande énergie de volonté ? Cependant, ce n’était point un ambitieux et par tempérament il ne semblait pas chercher le poste où il faut lutter pour réussir.

Après quelques hésitations, il se mit à préparer l’examen d’ingénieur électricien et crut pouvoir concilier ce travail avec la vie de famille. Il voulait un peu jouir des siens, lui qui avait dû pendant toute sa vie de collège supporter l’épreuve de la séparation, sans pouvoir songer aux jouissances des vacances du Jour de l’An et de Pâques. Saint-Chamond est si éloigné de Bastia !

C’est au milieu de ces joies familiales que le service militaire le saisit en 1914. Quand on connaît son caractère, on n’est point surpris de savoir qu’il partit avec «enthousiasme» ; le terme n’a rien d’excessif pour lui.

Versé au 7e régiment d’Artillerie, il dut faire un stage dans les Alpes-Maritimes, aux Forts du Barbonnet et de la Tête du Chien. Ce stage lui paraissait bien long. Lui, il voulait aller vite dans l’œuvre de la formation militaire et les «trépignements d’impatience» qui se révèlent dans sa correspondance d’alors répondent exactement à l’entrain de sa nature et à l’ardeur habituelle - bien que concentrée - de ses sentiments.

Sous cette impression de fièvre, il demande à partir au front. Mais il est retenu par un officier qui appréciait son mérite et ne voulait pas se séparer d’un aussi bon auxiliaire.

Enfin, on vient lui apprendre son départ pour Nogent-sur-Marne. Sa joie éclate vive, transportante. Il va se battre pour la France !

Pauvre Étienne ! Ses rêves ne devaient point se réaliser. C’est à Nogent que se déclara la terrible maladie, dont il avait contracté les germes dans les forts humides des Alpes-Maritimes. Le mal l’eut bien vite terrassé. Il était si profondément atteint qu’on l’envoya directement dans sa famille et ses parents eux-mêmes eurent de la peine à le reconnaître, tant son visage était amaigri.

À partir de ce moment, Étienne se sentit perdu. Avec une résignation parfaite, il supportait ses horribles souffrances ; mais à certaines heures, les regrets du patriote l’emportaient sur la soumission du malade. Il ne pouvait se consoler de n’être pas tombé face à l’ennemi.

Ce qui le soutint d’une façon visible, nous dit sa mère, ce fut sa grande dévotion entre la Sainte Vierge. L’élève de Sainte-Marie demandait au milieu de ses crises, qu’on allât prier pour lui. Le patronage de Notre-Dame de Valbenoîte lui paraissait le plus efficace des remèdes.

Il mourut après ce douloureux purgatoire, laissant à tous une mémoire bénie. C’est le jour de Pâques 1916 qu’il rendit son âme à Dieu. Ses propres paroles - inscrites sur son memento mortuaire - sont la meilleure conclusion de cette notice. Elles ont un accent vibrant de foi et de patriotisme.

  • «Mon Dieu, j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour aller me battre au front, vous le savez ! J’aurais préféré mourir face à l’ennemi. Je suis cependant content d’être entre les bras de mes chers parents. Laissez-moi mourir, ne pleurez pas. Je suis heureux d’aller à Dieu. Je vous serai plus utile au Ciel que sur la terre».

 

 

Étienne Agier a effectué un stage de formation à l'artillerie au fort du Barbonnet

 

fort Barbonnet (1)
fort du Barbonnet, à Sospel (Alpes-Maritimes)

 

fort Barbonnet (2)
fort du Barbonnet, à Sospel (Alpes-Maritimes)

 

fort Barbonnet (3)
fort du Barbonnet, à Sospel (Alpes-Maritimes)

 

 

 

 

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mardi 13 novembre 2018

Maurice ALIROL

les 146 anciens élèves de Sainte-Marie morts pour la France, 1914-1918

 

 

Maurice ALIROL

 

 

ALIROL_Maurice__fiche_MPLF

 

 

Maurice Alirol est né le 3 août 1894 au Puy (Haute-Loire). Il est mort le 7 mai 1917 à La Neuville (Marne). Il avait vingt-deux ans.

Il est arrivéau 86e régiment d'infanterie le 3 septembre 1914 ; nommé caporal le 2 novembre 1914 ; sergent le 1er février 1915. Le 2 février de cette année-là, il change de régiment et incorpore le 92e régiment d'infanterie pour moins de deux mois.

Le 24 mars 1915, il passe au 87e régiment d'infanterie, est blessé le 17 mai aux Éparges.

Maurice Alirol est admis à l'École spéciale de Saint-Cyr puis nommé aspirant (le premier grade d'officier avant celui de sous-lieutenant puis de lieutenant) le 5 septembre 1916. Un mois plus tard, il est promu sous-lieutenant, le 6 octobre 1916.

C'est à ce grade qu'il meurt, après deux ans et huit mois de présence sous les drapeaux en période de guerre.

 

acte naissance Maurice Alirol
acte de naissance de Maurice Alirol, 3 août 1894

 

 

fiche matricule de Maurice Alirol

 

ALIROL Maurice, fiche matricule (1)

ALIROL Maurice, fiche matricule (2)

ALIROL Maurice, fiche matricule (3)
fiche matricule de Maurice Alirol, né le 3 août 1894

 

 

Sainte-Marie, Livre d'Or, 1914-1918

Maurice Alirol, par tempérament et par caractère, semblait avoir quelque chose du soldat. Dès le collège, il avait révélé une nature plutôt ardente, et ceux qui suivaient avec intérêt son développement moral envisageaient pour lui un avenir de luttes et non point une existence de tout repos. Au fond, les éducateurs ont une sympathie marquée pour les jeunes de ce caractère.

Maurice appartenait à la classe 1914. C’est le 10 septembre qu’il est incorporé au 86e régiment d’Infanterie, et déjà le 10 novembre, il est nommé caporal.

À peine est-il envoyé au front, à titre de sergent, qu’il révèle son esprit d’initiative, et mérite d’être cité à l’ordre de la Brigade, le 25 avril 1915 :

«Le sergent Alirol - il avait été versé au 87e d’Infanterie - a fait preuve de beaucoup d’entrain et de courage, réussissant à faire construire rapidement par sa section une tranchée, à proximité de l’ennemi, et malgré un feu très violent».

Cette citation élogieuse était complétée par la Croix de guerre. Quelques jours après, il devait être blessé aux Éparges : c’était le 8 mai 1915 (1).

Après sa guérison, il est désigné pour la préparation à l’École de Saint-Cyr, où il est admis le 17 mai 1916 (1).

Promu successivement aspirant et sous-lieutenant aux mois de septembre et de novembre de la même année, il obtient enfin les fonctions actives qu’il rêvait. La vie militaire répondait si bien à ses aspirations !

Mais il ne devait pas exercer longtemps son commandement. Le 7 mai 1917, le jeune officier, à la tête de sa section, disparaissait pour ne pas revenir ! Il est de ceux qu’on pleure avec la certitude qu’ils sont morts, sans avoir la consolation de connaître le coin du sol où reposent leurs restes. Maurice Alirol est tombé à La Neuville, au nord-ouest de Reims.

1 - Selon sa fiche matricule, c'est le 17 mai et non le 8 mai que Maurice Alirol est blessé aux Éparges. Dans ce cas, sa date d'admission à l'École de Saint-Cyr devrait être plus tardive. Difficule de trancher entre ces deux chronologies incompatibles...

 

 

Maurice Alirol a été blessé aux Éparges, le 17 mai 1915

À travers le J.M.O. de son régiment, on découvre ce qu'ont été les deux jours (16 et 17 mai) au terme desquels Maurice Alirol a été blessé d'une fracture au bras gauche. C'était dans le sous-secteur des Éparges, au sud-est de Verdun, dans la Meuse.

 

JMO 87e, 16 mai 1915
J.M.O. du 87e R.I., 16 mai 1915

 

  • extrait du Journal des marches et opérations (J.M.O.) du 87e régiment d’infanterie

16 mai

Le régiment quitte les abris Bernatant à partir de 19 heures, les bataillons échelonnés d’une demi-heure ; dans l’ordre : 3e compagnie, compagnie de mitrailleuses, 2e compagnie, 1ère compagnie, par le carrefour des Trois-Jurés et Mesnil-sous-les-Côtes ; va relever le 72e dans le sous-secteur des Éparges.

Les compagnies se placent dans l’ordre suivant de la droite à la gauche : un peloton de la 12e compagnie en liaison à droite avec le 128e, relevé bientôt par le 51e : 9e cie, 11e cie, 10e cie, 7e cie, 6e cie, 4e cie, 3e cie, 2e cie.

Cette compagnie arrive jusqu’à la plaine de la Woëvre, en bas de l’éperon des Éparges, au sud de la ferme de Montville. Les réserves de bataillon sont pour le bataillon de droite, un peloton de la 12e compagnie ; pour celui du centre, la 8e [compagnie] ; pour celui de gauche, la 1ère.

La 5e compagnie est en réserve de régiment derrière le bataillon du centre. Les cuisiniers et la musique sont à Bonzée ; le train de combat au nord-ouest du carrefour de Bernatant.

 

JMO 87e, 16 mai 1915, carte légendée
localisation des lieux cités dans le J.M.O. du 87e R.I., 16 mai 1915 (carte IGN 1950, Géoportail)

 

crête des Éparges, ferme Montville, carte IGN 1950, légendé
repères géographiques du récit fourni par le J.M.O. du 87e R.I.

 

abris Bernatant (1)
les abris Bernatant, avril 1915 (source)

 

abris Bernatant (2)
les abris Bernatant, avril 1915 (source)

 

crête des Éparges, vue du village des Éparges
au fond, la crête des Éparges ; vue prise du village des Éparges

 

 

JMO 87e, 17 mai 1915 (1)

JMO 87e, 17 mai 1915 (2)
J.M.O. du 87e R.I., 16 mai 1915

 

  • extrait du Journal des marches et opérations (J.M.O.) du 87e régiment d’infanterie

17 mai

La relève s’effectue sans incident. Pendant son séjour aux tranchées des Éparges, le régiment a été soumis à un bombardement violent et précis.

Une quantité d’obus de gros calibre, des minenwerfer, sont tombés dans les tranchées de 1ère ligne bouleversant les parapets et lui occasionnant de fortes pertes. Le bombardement était surtout intense dans le secteur de 7e et 10e compagnies.

Toutes les nuits, la section de pionniers du régiment et les compagnies de réserve relevaient les parapets démolis dans la journée et travaillaient à la construction d’une tranchée de seconde ligne et d’abris de bombardement.

La difficulté d’amener les matériaux à pied d’œuvre, la découverte d’un grand nombre de cadavres, l’obligation de ne travailler que la nuit, contribuaient à rendre ce travail lent et pénible.

La nuit était employée aussi à la désinfection du champ de bataille, les cadavres étaient inhumés, de la chaux et des désinfectants répandus à profusion. En arrière des 10e et 11e compagnies, les émanations ont rendu plusieurs hommes malades.

Pertes : 7 tués et 35 blessés.

 

Éparges, 1915, images stéréoscopiques
les Éparges, 1915, images stéréoscopiques (source : arch. de la Meuse)

 

 

 

Maurice Alirol est mort le 7 mai 1917 à La Neuville (Marne)

 

La Neuville (1)
La Neuville (Marne), en Argonne pont détruit

 

La Neuville (2)
La Neuville (Marne), en Argonne

 

La Neuville (3)
La Neuville (Marne), en Argonne

 

La Neuville (4)
La Neuville (Marne), en Argonne : tranchées en 1915

 

 

 

Maurice Alirol, cité dans l'Historique du régiment

 

Historique 87e, couv
Historique du 87e régiment d'infanterie, couverture

 

JMO 87e, annexes, pertes
Historique du 87e régiment d'infanterie, offciers morts pour la France (extrait)

 

JMO 87e, Tableau d'honneur
Historique du 87e régiment d'infanterie, Tableau d'honneur (extrait)

 

 

 

 

 

 

 

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lundi 12 novembre 2018

Camille AUVERGNON

les 146 anciens élèves de Sainte-Marie morts pour la France, 1914-1918

 

 

 

 Camille AUVERGNON

 

 

AUVERGNON_Camille__fiche_MPLF

 

Camille Auvergnon est né le 12 septembre 1892 au Puy (Haute-Loire). Il est mort le 28 septembre 1914 à l'hôpital Desgenettes, à Lyon. Il avait vingt-deux ans.

Il s'est engagé au 61e régiment d'infanterie en juillet 1913. Nommé sergent le 3 août 1914.

La notice du Livre d'or affirme qu'il a été blessé à Blamont (Meurthe-et Moselle) le 1er septembre 1914. C'est assez surprenant. À cette date, son régiment bataillait dans les faubourgs ouest de Lunéville et dans la forêt de Vitrimont, à 30 km de Blamont, et cette localité est restée sous occupation allemande pendant toute la guerre.

 

 

actes d'état civil

 

acte naissance Camille Auvergnon
acte de naissance de Camille Auvergnon

 

acte décès Camille Auvergnon
acte de décès de Camille Auvergnon

 

 

fiche matricule de Camille Auvergnon

 

AUVERGNON Camille, fiche matricule (1)

AUVERGNON Camille, fiche matricule (2)
fiche matricule de Camille Auvergnon, né le 12 septembre 1892

 

 

Sainte-Marie, Livre d'Or, 1914-1918

Camille Auvergnon, du Puy, était sergent au 61e d’Infanterie, à Aix-en-Provence, au moment de la déclaration de guerre. Comme tant d’autres, comme les jeunes surtout, il s’achemine vers le front plein d’ardeur et de courage. Par nature d’ailleurs, c’était un ardent !

ans doute on l’avait reconnu comme tel, car on l’avait désigné pour faire partie de l’escorte du Drapeau. Cet honneur l’avait rempli de joie : «Soyez-en sûr, se plaisait-il à écrire dès cette époque, je reviendrai avec mon drapeau couvert de gloire !» Quelle fascination que celle de cette gloire sur une âme de jeune bien disposé ! Elle le prépare à tous les héroïsmes.

Arrivé sur la frontière, il eut à se battre successivement à Lunéville, à Dieuze, à Sarrebourg et enfin à Blamont. Au cours d’une de ces journées, il sut se prodiguer pour transporter son capitaine à l’ambulance, sans se soucier de son péril personnel. «Je n’ai fait que mon devoir», répondait-il simplement, lorsqu’on le félicitait pour cet acte de courage.

Cependant cette ouverture de campagne fut rude pour le jeune sergent.

  • «Voilà 16 jours, écrivait-il, que nous sommes dans la fournaise. J’ai vu tomber tour à tour officiers et soldats, et suis étonné de me trouver encore vivant. Ma capote et mon sac ont été troués par les balles ; mais je n’ai reçu que quelques égratignures».

Au milieu de cette «fanfare des balles et des obus», comme il l’appelle, son moral reste excellent. Seul, le souvenir des siens lui arrache quelques larmes :

  • «Je pleure, en lisant vos lettres, parce que j’ai peur, non pas de la mort, mais peur de ne pouvoir vous embrasser encore, avant de me réveiller dans l’autre monde».

Comme on aime à trouver dans ces cœurs de soldats ces élans de tendresse, qui permettent de mieux apprécier encore la valeur de leur patriotisme. Le sacrifice coûte à la nature, et c’est précisément parce qu’il coûte qu’il constitue le meilleur témoignage d’affection.

Il craignait donc de ne plus voir les siens. Il les revit sans doute, mais alors qu’il était cloué par d’horribles blessures sur son lit d’hôpital. Le 1er septembre, en effet, à Blamont, vers 5 heures du matin, il fut criblé par des éclats d’obus. Les deux reins avaient été atteints grièvement, et le bras gauche, fortement labouré. Il n’y avait aucun espoir de le sauver.

Sa mère assista à sa longue agonie, et le 28 septembre elle reçut le dernier soupir de son cher Camille, dont la mort fut consolée par tous les secours de la religion. Le petit sergent avait autour de lui pour l’assister dans cette lutte suprême l’aumônier de l’hôpital, les prêtres infirmiers et sa mère. Dieu, famille et patrie ! Ce triple amour avait fait sa force et devait être sa dernière consolation.

 

 

en 1914, Camille Auvergnon, était sergent au 61e d’Infanterie, à Aix-en-Provence

 

Aix, caserne Rostolan-Miollis (1)
la caserne Rostolan, ou Miollis, abritait le 61e régiment à Aix-en-Provence

 

Aix, caserne Rostolan-Miollis (2)
Camille Lauvergnon était sergent au le 61e régiment à Aix, en 1914

 

soldats du 61e RI, avant 1910
soldats du le 61e régiment à Aix, avant 1910

 

soldats du 61e RI, 7 février 1914
fête des nouvelles recrues au 61e régiment à Aix, 7 février1914 (source)

 

 

Camille Auvergnon a été blessé par éclats d'obus à Blamont,

le 1er septembre 1914, selon le Livre d'or...

 

Blamont, 1914-1918 (1)
Blamont (Meurthe-et-Moselle) en 1914-1918

 

Blamont, 1914-1918 (2)
Blamont (Meurthe-et-Moselle) en 1914-1918

 

Blamont, avril 1915, soldats allemands
soldats allemands occupant Blamont, avril 1915

 

 

...or, à cette date, Blamont était en territoire contrôlé par les Allemands

 

Lunéville, Blamont, 27 août 1914 au soir, légendé
carte AFGG (les Armées françaises dans la Grande Guerre, site Mémoire des hommes) ;
en bleu, les troupes allemandes, en rouge les françaises

 

 

 

Camille Auvergnon a dû être blessé aux alentours de Lunéville

La consultation des différents J.M.O. de régiments, de la 60e brigade et de la 30e division d'infanterie ainsi que de la cartographie, ne permet pas d'identifier un lieu dénommé Blamont, ou une forme approchante, situé dans le secteur où évoluait le régiment de Camille Auvergnon à la date de sa blessure (1er septembre 1914) qui entraîna sa mort à la fin du mois.

Le rédacteur de la notice du Livre d'or a-t-il été mal informé, a-t-il mal retranscrit un nom différent ? Rien n'autorise une hypothèse aujourd'hui. En tout cas, il est certain qu'il ne sagit pas de la commune de Blamont, située 30 km à l'est de Lunéville et occupée dès le début de la guerre par les Allemands.

Camille Lauvergnon a probablement été touché au cours des opérations qui visaient les faubourgs ouest et nord de Lunéville. La lecture du J.M.O. du 61e régiment d'infanterie fournit un récit assez évocateur.

 

JMO 61e RI, 1er sept 1914 (1)

JMO 61e RI, 1er sept 1914 (2)

JMO 61e RI, 1er sept 1914 (3)

JMO 61e RI, 1er sept 1914 (4)
J.M.O. (journal des marches et opérations) du 61e R.I., 1er septembre 1914

 

  • transcription de l'extrait du J.M.O. du 61e régiment d’infanterie, 1er septembre 1914

Exécution.

L’attaque du 61e a cherché à progresser à partir de 7 heures sous un feu violent d’artillerie de campagne et d’obusiers et par intervalles d’artillerie lourde. Le bataillon de gauche ne peut dépasser la crête, en avant de la Faisanderie où les premiers éléments d’infanterie se retranchèrent légèrement ; à droite, les compagnies qui progressent sont prises d’enfilade par un violent feu d’infanterie et mitrailleuses parti du faubourg de Viller (1).

Le 1er bataillon en soutien est parti en avant au reçu d’un ordre du général de brigade à 9 heures prescrivant d’accentuer le mouvement.

La 2e compagnie et la 4e compagnie, privée de son chef, se reportent à la lisière où elles sont ralliées, la 3e gagne la tranchée et s’y maintient sans pouvoir entraîner la ligne.

Occupation de la tranchée N.

À midi trente, nouvel essai infructueux. Les mitrailleuses, dont 3 pièces sont en ligne sur la bordure du plateau de Vitrimont et 2 en échelon vers la gauche dans le parc du château de la Faisanderie, essaient par leur feu de faciliter la progression de l’infanterie.

Immédiatement repérées, elles reçoivent, surtout dans le parc que les hautes façades du château rendent visible de tout l’horizon, des rafales violentes de 150 et de 105.

Une équipe entière, caporal, servants et pourvoyeurs, est broyée à la pièce de l’angle du mur, et parmi eux le soldat Chabert, de Chomérac, cité à l’ordre du régiment : «réserviste du service auxiliaire et ne pouvant se faire incorporer avant le départ, s’embarqua en fraude avec le 1er bataillon, se présenta au débarquement, fut incorporé aux mitrailleuses comme pourvoyeur et fit preuve du plus grand courage à Guébestroff (2), à Mont et à l’attaque de Frescati où il fut tué».

Les compagnies qui reçoivent une bonne part des rafales tiennent le bord du plateau dont le ravin qui le borde à l’est est enfilé par les batteries enterrées à Lunéville et les mitrailleuses des maisons de la lisières.

Sur la crête de Frescati, l’infanterie ennemie, retranchée derrière des petits murs de clôture étagés, est presque invisible.

Le 69e accroché à l’éperon nord-ouest, ne peut progresser non plus.

À la nuit tombante, les compagnies regagnent la lisière du bois.

Les capitaines Lelorrain, Coffy et Péri sont blessés, le dernier adjoint au chef de corps (3), très grièvement après s’être prodigué partout comme aux combats de Dieuze et de Mont. Pertes sensibles s’ajoutant aux combats des 25 et 26.

 

1 - Le faubourg de Viller est situé à l’ouest du territoire de Lunéville.
2 - En Moselle.
3 - Un chef de corps est le commandant d’un régiment, en principe un colonel, ou un lieutenant-colonel.

 

JMO 61e, attaque 1er sept 1914
l'attaque de Frescati (Meurthe-et-Moselle), 1er septembre 1914 (carte IGN 1950, Géoportail)

 

la Faisanderie et Friscati, carte IGN 1950
la Faisanderie et Frescati (Friscat)

 

Faisanderie bombardement 25 août 1914
la Faisanderie, après le bombardement allemand du 25 août 1914

 

champ de bataille Faisanderie
le champ de bataille de la Faisanderie

 

château de la Faisanderie après bombardement
château de la Faisanderie ; début septembre 1914, il n'avait pas encore été bombardé

 

tombe dans bois Rehainviller
bois de Rehanviller, partie de la forêt de Vitrimont (tombe d'un soldat)

 

 

 

 

hôpital Desgenettes, à Lyon, pendant la guerre

 

hôpital Desgenettes, soins infirmiers
hôpital Desgenettes, à Lyon : soins infirmiers

 

hôpital Desgenettes, blessés et personnel soignant
hôpital Desgenettes, à Lyon : blessés et personnel soignant

 

hôpital Desgenettes, blessés
hôpital Desgenettes, à Lyon : blessés

 

hôpital Desgenettes, transport d'un défunt
hôpital Desgenettes, à Lyon : transport d'un défunt

 

 

 

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dimanche 11 novembre 2018

Georges AUZENAT

les 146 anciens élèves de Sainte-Marie morts pour la France, 1914-1918

 

 

Georges AUZENAT

 

 

AUZENAT_Georges__fiche_MPLF

 

Georges Auzenat est né le 12 janvier 1897 à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales). Il est mort le 15 décembre 1916 à Dugny (Meuse) où il a été inhumé. Il avait dix-neuf ans.

Il a été élève du collège Sainte-Marie de 1905 à 1911.

Il s'était engagé le 15 juillet 1915, à l'âge de 18 ans, pour la durée de la guerre, au 28e bataillon de chasseurs alpins. Il était passé ensuite au 32e bataillon de chasseurs alpins le 28 août 1916.

Georges Auzenat a été mortellement blessé le 15 décembre alors que son unité était positionnée pour l'attaque, au nord du village de Vaux (champ de bataille de Verdun), «sur les pentes sud de la croupe entre le ravin de la Fausse Côte et le ravin des Grands Houyers» (J.M.O. du 32 e BCA).

 

 

fcihe matricule de Georges Auzenat

 

Auzenat Georges, fiche matricule
fiche matricule de Georges Auzenat, né le 12 janvier 1897

 

 

Sainte-Marie, Livre d'Or, 1914-1918

Georges Auzenat
Notes intimes

Georges Auzenat appartint comme élève, à notre collège, de 1905 à 1911. Ses maîtres et ses condisciples ont encore le souvenir très vivant de ses succès et de son caractère si attirant. Pénétré de l’esprit du devoir et de bonté il apportait la même ardeur au travail et à l’entretien de la plus franche camaraderie.

Lorsque la guerre éclate, Georges avait déjà fait choix de la carrière militaire. Dans l’attente impatiente de l’âge voulu pour entrer dans l’armée, il prépare au lycée Gay-Lussac à Limoges le concours de Saint-Cyr. Ce lui est l’occasion de recevoir en fin d’année de nouvelles et nombreuses récompenses.

Le concours de Saint-Cyr n’a pas eu lieu en 1915. Georges en est attristé ; son rêve était à lui aussi de courir à l’assaut, en gants blancs, le plumet tricolore en tête. Il s’en console à l’idée de pouvoir rejoindre plus tôt ses aînés sur le front. Une telle ardeur ne devait s’accompagner que d’une arme d’élite. Les chasseurs alpins s’étaient déjà illustrés par leur entrain, l’ennemi parlait avec terreur des «diables bleus» ; Georges s’engage au 28e bataillon.

Pour former une telle troupe l’instruction est dure et rapide. Après quelques mois, quelques semaines plutôt, passés à l’arrière elle s’achève tout près de la première ligne. Le jour, c’est l’apprentissage du combat ; la nuit, l’entretien des tranchées et le ravitaillement en munitions. Encore quelques semaines et le jeune chasseur vient prendre au milieu des anciens la place d’un ami qu’il s’agit d’égaler.

1916. Le Kronprinz vient de prendre le commandement de l’armée de Verdun. Refoulés dans toutes leurs tentatives de percée, les Allemands veulent à tout prix abattre le moral de la France par la chute de la grande citadelle de l’Est. Dans une ruée gigantesque ils nous ont obligés à nous replier jusqu’aux faubourgs de la vielle ; ils y ont accumulés tous les moyens, artillerie de tous calibres, lance-flammes, gaz asphyxiants.

Sous la direction de Castelnau, nos meilleures troupes sont envoyées pour réparer cet échec momentané ; le terrain perdu doit être reconquis et au-delà. Les chasseurs ont fait leurs preuves maintes fois déjà, on décide d’en augmenter les bataillons et de les affecter aux corps spéciaux d’attaque, ceux des grandes circonstances. Georges est versé au 32e bataillon d’alpins, division «La Gauloise», commandée par le général Passaga.

L’histoire écrira les actes de ces braves ; nous avons tous vibré aux ordres du jour et aux communiqués de cette lutte titanique ; c’est là que s’est révélée toute la grandeur de l’âme française. Verdun a galvanisé le monde.

Les vides étaient nombreux chaque jour. Georges par son instruction, son élan, son exemple eût pu y conquérir très vite un grade où les souffrances matérielles eussent été atténuées. Il cherche sa satisfaction dans les emplois les plus modestes et les plus périlleux. Ses camarades en ont fait un confident ; il sait par la lettre d’une femme, d’un enfant ce qu’une mort causera de pleurs et de misère. Il prend la place et se dévoue. Aux jours les plus durs, le voilà tour à tour signaleur, éclaireur, agent de liaison. Et il expliquait :

  • «Mes hommes sont des montagnards. Leur bravoure est admirable, la souffrance continue et atroce, ils la supportent stoïquement pour la France, pour le devoir. Mais dans leur ignorance ils ne comprennent pas les raisons profondes de ce supplice. D’un pauvre diable qui partage entièrement leur sort la parole porte, une lueur naît dans leur esprit, de la chaleur dans leur cœur ; la parole d’un gradé leur semblerait un rôle récité».

Le 28 octobre 1916, il revient de l’attaque, seul des agents de liaison de son bataillon, les vêtements en loques, le fusil brisé. Le 15 décembre, jour mémorable où «La Gauloise» emporte Hardaumont, anéantit deux divisions allemandes et fait 3 000 prisonniers, un obus lui enlève une jambe, il meurt le lendemain.

En deux mois sa valeur lui avait mérité quatre citations :

  • Bataillon (5 octobre) - Très bon chasseur, agent de liaison, a assuré très courageusement son service dans les moments les plus difficiles.
  • Brigade (4 novembre) - A pris part aux combats du 24 et du 28 octobre 1916 et s’y est particulièrement distingué par sa bravoure et son mépris du danger.
  • Division (19 décembre) - Caporal d’un réel mérite, a été blessé grièvement en donnant à ses chasseurs un superbe exemple de courage dans les combats du 15 décembre 1916.
  • Corps d’armée (17 janvier) - «Camarades ! saluons fièrement ceux des nôtres dont le sang a payé ce triomphe ! Ces héros ne sont pas morts ! Nobles martyrs de la plus juste des causes, leur âme généreuse, dans les luttes futures, fera rayonner sur nous l’amour sacré d’une Patrie chérie, indignement souillée», s’écria Passaga dans son ordre général du 17 décembre 1916.

Toute la beauté de l’âme de Georges apparaît éblouissante à ses derniers moments. Le courage qui ne doit pas l’abandonner jusqu’à la fin, il le tient d’une foi profonde en la grandeur et la bonté de Dieu.

Porté sur un brancard dans une sape que n’épargne pas la mitraille, pénétré d’une boue glacée, environné des plaintes des blessés, il sent que la dernière heure est là ; son cœur appelle un prêtre, il n’y en a pas. À ce moment un miracle se produit. Le prêtre apparaît, un pauvre blessé lui aussi, simple caporal porté sur le dos d’un sergent. Alors redressant son buste, de sa voix la plus forte, Georges commence sa confession. Ses camarades saisis d’émotion se découvrent, ceux qui le peuvent se mettent à genoux. Ô grande miséricorde divine, ce que tu as fait de croyants ce jour-là !

La guerre eût dû fournir à ce prêtre, aujourd’hui aumônier militaire en Silésie, chevalier de la Légion d’honneur, le T. R. P. Menne, prieur des Dominicains de Dijon, bien des raisons d’être moins accessible à l’émotion. Il écrit : «J’ai 46 ans, il y a dix-huit ans que je suis prêtre dominicain, c’est la première fois que je vois un spectacle si grand. Je n’ai jamais vu une pareille simplicité de foi, un pareil calme dans l’agonie». Son admiration, le T.R.P. Menne la proclame deux fois, à la cathédrale de Dijon, au couvent du Saulchoir dans un discours sur les Dominicains morts pour la patrie.

Vivant, la modestie de Georges n’eût pas permis qu’on lui consacrât quelques mots dans un livre où est glorifiée la vertu. Nous lui devons cependant cet hommage et dans une maison où la religion est donnée comme la source de toute énergie, il appartenait de dire comment elle permet de mourir à 19 ans.

 

Georges Auzenat a préparé l'école militaire au lycée de Limoges

 

Limoges, lycée Gay-Lussac
Limoges, lycée Gay-Lussac

 

 

Georges Auzenat a appartenu un an au 28e bataillon de Chasseurs alpins

 

chasseur du 28e BCA
un chasseur du 28e B.C.A.

 

 

position du 32e BCA le 13 décembre 1016

Georges Auzenat se trouvait avec son unité "sur les pentes sud de la croupe entre le ravin de la Fausse Côte et le ravin des Grands Houyers" quand il a été mortellement blessé.

 

pentes sud de la croupe
au nord du village de Vaux (champ de bataille de Verdun)

 

étang de Vaux et ravin de la Fausse Côte
étang de Vaux et ravin de la Fausse Côte

 

Ravin des Grands Houyers
pièce d'artillerie dans le ravin des Grands Houyers (Vaux)

 

 

Georges Auzenat est mort et enterré à Dugny (Meuse)

 

Dugny, cimetière militaire (1)
cimetière militaire de Dugny (Meuse)

 

Dugny, cimetière militaire (2)
cimetière militaire de Dugny (Meuse)

 

nécropole Dugny (1)
nécropole nationale de Dugny-sur-Meuse

 

nécropole Dugny (2)
nécropole nationale de Dugny-sur-Meuse

 

nécropole Dugny (3)
nécropole nationale de Dugny-sur-Meuse

 

 

 

 

 

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samedi 10 novembre 2018

Louis BADINAND

les 146 anciens élèves de Sainte-Marie morts pour la France, 1914-1918

 

 

Louis BADINAND

 

 

BADINAND Louis, fiche MPLF

 

 

Louis Badinand est né le 21 mars 1876 à Saint-Étienne. Il est mort le 14 avril 1915 à Bussang (Vosges). Il avait trente-neuf ans.

Il a été élève au collège Sainte-Marie de 1887 à 1893.

Il était capitaine au 152e régiment d'infanterie.

 

 

fiche matricule de Louis Badinand

 

BADINAND Louis, fiche matricule (1)

BADINAND Louis, fiche matricule (2)

BADINAND Louis, fiche matricule (3)
fiche matricule de Louis Badinand, né le 2 mars 1876

 

 

 

Sainte-Marie, Livre d'Or, 1914-1918

Louis Badinand
de Saint-Étienne

Louis Badinand fut au collège, de 1887 à 1893, le «bon Stéphanois». Pour qui est du pays, on comprend ce que signifie cette épithète d’honneur. Aimable caractère, humeur joyeuse, absence complète de morgue et de fierté, avec une certaine aversion pour les contraintes qui diminuent la chère liberté, il y a là tout un ensemble de qualités précieuses, auxquelles il serait injuste d ne point rendre le plus sincère hommage. En général, le Bon Stéphanois se fait aimer, et Louis Badinand était de ce nombre. On l’aimait pour son entrain, sa simplicité, sa rondeur d’allure, et dans le petit monde du collège il ne devait point avoir d’ennemis.

Aussi, comme on applaudissait avec chaleur à ses succès d’artiste, un jour surtout que son rôle l’avait doté d’un bel uniforme militaire, qu’il portait, ma foi, avec la plus entière satisfaction ! Mais, faut-il en évoquant cette mémoire d’un disparu, insister autant sur ces détails, si étrangers aux graves leçons de la guerre ? Pourquoi pas ? Nous savons que notre cher ancien aimait son collège, en parlait volontiers avec ses amis, et comprenait sans peine que cette période si austère de l’internat est l’étape où se forment les meilleures amitiés de la vie.

Louis Badinand avait fait son service militaire dans les dragons et c’était, certes, un beau et habile cavalier. Mais on lui demanda dès les débuts de la guerre de renoncer à son régiment et il dut accepter le grade de capitaine d’infanterie. À cette époque, on avait plus que jamais le sentiment que le fantassin est le défenseur le plus exposé, et c’était pour aller plus sûrement au péril qu’il disait adieu à ses chers dragons.

En effet, le 15 mars 1915, le sacrifice était consommé : «C’est un crève-cœur pour moi, écrivait-il, de quitter mon régiment, mes camarades, mes hommes. Mais j’offre ce sacrifice à mon pays ; je suis fier d’aller commander ces fantassins qui font si courageusement leur devoir».

Quelques jours passés à Melun au foyer familial, l’aidèrent à retrouver son plein équilibre moral. Une dernière fois, avec la chère compagne de sa vie, il fit ses Pâques dans la chapelle de Saint-Aspais, et le vendredi saint, il quittait cet intérieur où il avait goûté les meilleures joies.

Au jour même de Pâques, il était incorporé au 152e d’Infanterie. Une messe en plein air avait inauguré cette grande journée, sur la hauteur de l’Hartmannswiller. Un grand nombre d’officiers et de soldats communièrent, et Louis Badinand, dès la première heure, donna ce bel exemple à ses hommes et à ses compagnons d’armes : c’était le prélude du «sacrifice» avant l’immolation réelle.

L’immolation suivit de près l’offrande. Le 6 avril, un mardi, un obus tomba sur l’abri où il se trouvait, tuant cinq hommes, blessant son lieutenant et l’atteignant gravement aux pieds et à la cuisse : il avait en effet les deux pieds écrasés.

Malheureusement, les blessés durent rester sur le champ de bataille de 3 heures du soir à 8 heures du matin. Louis Badinand fut donc hospitalisé d’abord dans un poste de secours, puis à Bussang.

Sa blessure ne semblait point mortelle ; mais cependant l’amputation fut jugée nécessaire ; hélas ! après l’opération, la gangrène gazeuse se déclara. Il n’y avait plus d’espoir. Peu de jours après, Louis Badinand était transporté dans le petit cimetière de Bussang, au milieu de ses camarades, de ses hommes, en face des Vosges qui avaient été pendant quelques mois, avant la guerre, le cadre de son bonheur, au foyer du soldat !

 

 

en 1906, Louis Badinand appartenait lieutenant au 1er Cuirassiers

 

officiers du 1er Cuirassiers en 1902
officiers du 1er Cuirassiers, en 1902

 

1er Cuirassiers, à Paris, en 1910
le 1er Cuirassiers à Paris, en 1910

 

 

en 1908, Louis Badinand était lieutenant au 13e Dragons

 

13e Dragons à Lure, sabre au clair
le 13e Dragons, à l'époque où Louis Badinand y était

 

13e Dragons en manœuvres à Lure, officiers
le 13e Dragons, à l'époque où Louis Badinand y était

 

Melun, quartier de cavalerie
le 13e Dragons fut caserné à Lure (Haute-Saône) puis à Melun (Seine-et-Marne)

 

13e Dragons à Melun, 13 avril 1913
le 13e Dragons à Melun, 21 avril 1913 ; Louis Badinand n'en faisait plus partie

 

 

à l'été 1914, Louis Badinand est affecté au 152e régiment d'Infanterie

Louis Badinand, qui avait derrière lui une carrière militaire dans la cavalerie (cuirassiers puis dragons) durant plusieurs années, est affecté au 152e régiment d'Infanterie à la déclaration de guerre. Ce régiment est basé à Gérardmer, dans les Vosges.

 

caserne du 152e RI à Gérardmer
caserne du 152e régiment d'Infanterie à Gérardmer

 

défilé du 152e RI à Gérardmer (1)
défilé du 152e régiment d'Infanterie à Gérardmer

 

défilé du 152e RI à Gérardmer (2)
défilé du 152e régiment d'Infanterie à Gérardmer

 

 

Louis Badinand a fait ses Pâques 1915 dans la chapelle Saint-Aspais à Melun

 

abside de la chapelle Saint-Aspais (Melun)
l'abside de la chapelle Saint-Aspais de l'institution Jeanne d'Arc à Melun

 

chapelle Saint-Aspais, à Melun (1)
chapelle Saint-Aspais de l'institution Jeanne d'Arc à Melun

 

chapelle Saint-Aspais, à Melun (2)
chapelle Saint-Aspais de l'institution Jeanne d'Arc à Melun

 

 

au printemps 1915, Louis Badinand combat dans les Vosges alsaciennes

Le J.M.O. du 152e régiment d'Infanterie mentionne le capitaine Badinand en mars et avril 1915. Son unité est alors dans les Vosges alsaciennes, sur le champ de bataille de l'Hartmannswillerkopf.

 

JMO 152e (1)
le Journal des Marches et Opérations (JMO)
du 152e RI

 

JMO 152e (2)

JMO 152e (3)

JMO 152e (4)
J.M.O. du 152e RI, mars-avril 1915

 

 

 

Louis Badinand est blessé le 6 avril 1915 dans l'Hartmannswillerkopf

 

Hartmannswillerkopf, sommet et monument au 152e
sommet de l'Hartmannswillerkopf (Alsace)

 

Hartmannswillerkopf, sommet
le sommet de l'Hartmannswillerkopf

 

Hartmannswillerkopf, cote 425
la cote 425 de l'Hartmannswillerkopf

 

le Rehfelsen, près du Hartmannswillerkopf
près de l'Hartmannswillerkopf, le piton rocheux du Rehfelsen et la forêt hachée par les canons et la mitraille

 

Hartmannswillerkopf, aujourd'hui (1)
l'Hartmannswillerkopf, aujourd'hui

 

Hartmannswillerkopf, aujourd'hui (2)
l'Hartmannswillerkopf, aujourd'hui

 

 

 

Louis Badinand est mort à Bussang (Vosges), le 14 avril 1915

Blessé le 6 avril 1915, le capitaine Louis Badinand meurt le 14 avril dans une formation sanitaire à l'arrière du front, dans la localité de Bussang (Vosges). Il y avait plusieurs sites de soins, à Bussang, dont celui appelé "les baraquements" et celui de l'Hôtel des Sources, en charge de la chirurgie. Louis Badinand a peut-être été admis dans ce dernier...

 

Historique 152e RI
extrait de l'Historique du 152e RI :
Louis Badinand est le troisième de la liste des officiers morts pour la France

 

Bussang, baraquements, carte écrite 1915
les "baraquements" militaires à Bussang ; lettre d'un malade en mai 1915

 

Bussang, Hôtel des Sources
l'Hôtel des Sources, à Bussang : en charge de la chirurgie pendant la guerre

 

 

Louis Badinand a été inhumé à Bussang

 

Bussang, cimetière militaire
Louis Badinand a été enterré à Bussang (Vosges)

 

 

 

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vendredi 9 novembre 2018

Jean BAJARD

les 146 anciens élèves de Sainte-Marie morts pour la France, 1914-1918

 

 

 

Jean BAJARD

 

 

BAJARD Jean, fiche MPLF

 

Jean Bajard est né le 18 novembre 1887 à Rive-de-Gier. Il est mort le 7 avril 1915 à Flirey (Meurthe-et-Moselle). Il avait vingt-sept ans.

Au moment du recensement, il était étudiant à l'École des Beaux-Arts.

Il a effectué son service militaire du 3 octobre 1910 au 29 septembre 1912.

Jean Bajard était caporal au 157e régiment d'infanterie.

  • Du même régiment, est mort également à Flirey, le 15 avril 1915, Marcel Colin.

 

acte de naissance Jean Bajard, 1881
acte de naissance de Jean Bajard, 18 novembre 1887

 

 

fiche matricule de Jean Bajard

 

BAJARD Jean, fiche matricule (1)

BAJARD Jean, fiche matricule (2)

BAJARD Jean, fiche matricule (3)
fiche matricule de Jean Bajard, né le 18 novembre 1887

 

 

 

 

Jean Bajard est mort à Flirey, le 7 avril 1915

 

saillant de Saint-Mihiel, 1914-1918, légendé
situation de Flirey sur la ligne de front, au sud-est de Verdun

 

JMO 157e RI, 7 avril 1915 (1)

JMO 157e RI, 7 avril 1915 (2)
J.M.O. (journal des marches et opérations) du 157e R.I., 7 avril 1915

 

le 157e sur le front à Flirey
situation du 157e régiment d'infanterie le 7 avril 1915, à Flirey

 

tranchée de 1ère ligne à Flirey
tranchée de 1ère ligne à Flirey (Meurthe-et-Moselle)

 

tranchée à Flirey
tranchée à Flirey (Meurth-et-Moselle)

 

157e RI, Flirey, 1915
soldats du 157e R.I. à Flirey en 1915 (source)

 

 

 

la mort de Jean Bajard, mentionnée dans le JMO et dans l'Historique du 157e

 

JMO 157e RI, nov 1914 à mai 1915

 

JMO 157e RI, liste tués 7 avril 1915 (extrait)
une page de recension des pertes du 7 avril 1915, JMO du 157e RI
(7e nom en partant du bas)

 

Historique 157e RI, liste tués
extrait de l'Historique du 157e RI

 

 

 

Jean Bajard est mort au nord de Flirey (Meurthe-et-Moselle)

 

Flirey (1)
la commune de Flirey dévastée

 

Flirey (2)
la commune de Flirey : les ruines

 

Flirey (3)
l'église de Flirey en ruine

 

Flirey, tranchée allemande (1)
tranchée allemande à Flirey

 

Flirey, tranchée allemande (2)
tranchée allemande à Flirey

 

Flirey, tranchée allemande (3)
tranchée allemande à Flirey

 

 

 

 

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jeudi 8 novembre 2018

Maurice BALAS

les 146 anciens élèves de Sainte-Marie morts pour la France, 1914-1918

 

Maurice Balas, vignette photo portrait

 

 

Maurice BALAS

 

 

BALAS Maurice, fiche MPLF

 

Maurice Balas est né le 2 juillet 1894 à Saint-Chamond. Il est mort le 14 juin 1915 à l'Hilsenfirst (Haute-Alsace).

 

 

fiche matricule de Maurice Balas

 

BALAS Maurice, fiche matricule (1)

BALAS Maurice, fiche matricule (2)
fiche matricule de Maurice Balas, né le 2 juillet 1894

 

 

Sainte-Marie, Livre d'Or, 1914-1918

Bien courte fut la carrière militaire de Maurice Balas, et si l’on considère uniquement la série de ses actions guerrières, il y a peu de place à l’intérêt de curiosité. Et cependant sa mort laisse tant de regrets ! C’est qu’il avait, par dessus tout, un caractère sympathique, et une délicatesse de sentiments puisée aux meilleures sources des traditions familiales. Ce qu’il avait vu pratiquer autour de lui, il le pratiquait déjà fermement lui-même et comprenait avec une foi d’enfant que la piété et les convictions chrétiennes sont l’inépuisable foyer de la vraie grandeur morale.

Parti le 4 septembre au 13e Chasseurs alpins, il resta à Rochefort, puis à Montségur dans la Drôme pour son instruction militaire, et une fois formé, à la fin de janvier 1915, il fut dirigé vers Belfort et Bussang. Il était de ceux qui avaient tenu à fixer au béret d’uniforme l’écusson du Sacré-Coœur, et c’était de toute son âme qu’il disait ces simples et belles paroles : «Plein de confiance dans le Sacré-Cœur et Notre-Dame de Lourdes, je leur demande de faire toujours tout mon devoir».

En février, il se trouve dans les bois de Bischwiller, et le 8 mars, il écrit de Moosch : «Nous partons demain dans la direction probable du Ballon de Guebwiller… J’ai pu me confesser et communier. J’en ai profité pour faire mes Pâques et penser que c’est le premier Vendredi du mois».

Ainsi les préoccupations sérieuses l’emportent sur toutes les autres. Le jeune soldat songe avant tout que les luttes de la terre préparent à la couronne du ciel. Il veut toujours être prêt à la saisir.

Dans le même sens, avec le même souci des intérêts de son âme, il écrit sous une forme joyeuse, le 11 juin, à sa famille : «Le dernier canard qui survole la Compagnie, c’est que nous allons remettre le sac au dos pour une direction inconnue. Mais j’aurai bien le temps de vous griffonner un mot sur une carte. Adieu, chère Maman ; soyons toujours unis de cœur sous la protection du Sacré-Cœur et de Notre-Dame de Lourdes».

Le lendemain, selon sa promesse, il envoyait une dernière carte et demandait des nouvelles de son frère René, tout récemment parti au régiment, puis brusquement toute correspondance fut interrompue.

Douloureuse interruption, objet de tant d’angoisses dans les familles ! Est-ce qu’une attaque avait été déclenchée, enlevant aux soldats toute facilité d’écrire ? Est-ce que l’enfant est blessé, malade, douloureusement couché dans un lit d’hôpital ? Est-ce qu’il est prisonnier, mutilé entre les mains des barbares ?... Est-ce qu’il faudrait s’attendre à une nouvelle plus terrible encore, et se trouver désormais en face d’une inflexible nécessité ?

Hélas ! la douloureuse annonce arrivait au foyer de Maurice ; le cher petit soldat était tombé à l’Hilsenfirst, frappé d’une balle au cœur. On ne recevait de lui que l’écho de la dernière parole adressée aux camarades qui voulaient l’emporter : « Laissez-moi là !»

Laissez-moi là !... Il ne faut point vous exposer, il faut songer avant tout à la bataille, à la victoire, à la France. C’est fini pour moi !

Dans quelques mots apparaissent les suprêmes préoccupations d’une âme - toute française, toute vaillante - qui accepte le sacrifice avec la sérénité du parfait chrétien… Pourquoi trembler lorsqu’on a fait tout son devoir jusqu’au bout ?

 

Maurice Balas, vignette photo
Maurice Balas, 1894-1915

 

 

 Maurice Balas est mort à l'Hilsenfirst, Vosges alsaciennes

 

l'Hilsenfirst sur le front des Vosges
l'Hilsenfirst sur le front des Vosges

 

pentes de l'Hilsenfirst
sur les pentes de l'Hilsenfirst (source)

 

Hilsenfirst, positions, juin 1915 - 1
positions autour de l'Hilsenfirst, juin 1915

 

Hilsenfirst, dispositif, juin 1915, capitaine Élie Viallet
dispositif autour de l'Hilsenfirst, juin 1915, capitaine Élie Viallet (source)

 

 

 le combat pour l'Hilsenfirst dans l'Illustration

 

dessin, Illustration, 31 juillet 1915
"Un nouveau Sidi-Brahim : les chasseurs de l'Hilsenfirst"
dessin de José Simont, L'Illustration n° 3778, 31 juillet 1915

 

 

 

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mercredi 7 novembre 2018

Stéphane BALAS

les 146 anciens élèves de Sainte-Marie morts pour la France, 1914-1918

 

Stéphane Balas, portrait

 

 

Stéphane BALAS

 

 

BALAS_Ste_phane__fiche_MPLF

 

 

Stéphane Balas est né le 11 mars 1897 à Lyon. Il est mort le 15 juillet 1918 dans la Marne, à Venteuil (Bois du Roi), au nord-ouest d'Épernay. Il avait vingt-et-un ans.

Il a été tué par éclat d'obus ennemis sur la position de tir.

 

 

fiche matricule de Stéphane Balas

 

BALAS Stéphane, fiche MPLF (1)

BALAS Stéphane, fiche MPLF (2)
fiche matricule de Stéphane Balas, né le 11 mars 1897

 

 

Sainte-Marie, Livre d'Or, 1914-1918

Quel nom plus et mieux connu, à l’Institution Sainte-Marie, que celui de ce jeune artilleur !

Fils de notre ancien condisciple, Jules Balas, il ne resta au collège que deux ans et termina ses études à Lyon, plus près de sa famille. Mais il laissa au collège un souvenir vivant. D’une nature droite, un peu timide, avec des dispositions d’artiste, il avait conquis de suite la sympathie de ses maîtres et de ses camarades. Aussi sa mort a-t-elle provoqué chez les uns et les autres d’unanimes regrets.

La vie du jeune soldat fut très simple ; il est mort sans avoir vu rejaillir sur lui ce rayonnement de gloire militaire, dû à quelque action d’éclat. Ils sont nombreux, certes, les héros de la grande guerre, qui ont vécu et sont morts «simplement», suivant toute la beauté et la grandeur de cette expression de sève toute chrétienne. Mais lui non plus ne fut pas une âme vulgaire. Il est facile de s’ne rendre compte lorsqu’on lit avec attention telle lettre d’ami, où se trouvent résumés les traits les plus saillants de cette physionomie sympathique.

Dans son petit groupe de jeunes soldats, unis par une étroite conformité de sentiments et d’éducation, Stéphane avait su se rendre populaire. Aimable popularité, elle était due à un certain laisser aller de non aloi, à sa franchise, à son esprit gaulois, volontiers en quête de mots spirituels, et surtout à son bon cœur… Il avait même quelque chose du mystique rêveur, lui qui s’était laissé prendre aux charmes de la Bretagne, en décembre 1916, au point de décider que c’était là, dans cette solitude, dans cette paix reposante de la vieille Armorique qu’il viendrait «couler ses vieux jours !» lui qui, au front comme à l’intérieur, aimait les longues nuits de garde, favorables aux réflexions de «mélancolie méditative».

Ce n’était point cependant un solitaire. Les charmes de l’amitié répondaient à la délicatesse de sa nature, et il les goûtait avec cette plénitude de sentiment qu’on rencontre dans les âmes restées jeunes.

  • «Que d’heures bien douces, que de soirées inoubliables, nous avons passées, errant ensemble dans la forêt, raconte l’un de ses amis bien fait pour le comprendre ! Abrités dans la «cagna», nous parlions de tout, de nos familles, de l’externat, de notre chère cité, placée sous le regard tutélaire de Notre-Dame-de-Fourvière !...»

Est-il étonnant qu’avec de telles dispositions, il ait attiré l’attention de son aumônier ? Ce dernier désira même se l’adjoindre à son poste de secours. Stéphane eût été un si bon auxiliaire ! Le projet n’aboutit pas et notre cher soldat dut se contenter d’exercer - personnellement - l’apostolat de l’exemple. Bien vite, il sut se concilier l’estime et les sympathies de tous par sa simplicité pleine de bonhomie, par sa disposition charitable à mettre en commun tout ce qu’il recevait. Aussi devint-il bien vite l’âme de ce groupe, sur lequel il acquit la plus heureuse influence, morale et religieuse.

C’est après deux ans de front qu’il fut tué, le 15 juillet 1918, à sa position de pièce, au Bois du Roy, dans le combat de la Marne. Un éclat d’obus, tombé à proximité, lui trancha la carotide, et amena la mort instantanée. Il avait combattu toute la nuit, jusqu’au moment où l’ordre de se replier venait d’être donné à sa batterie. C’était exactement dix heures trente du matin.

Il est mort ainsi, simplement, comme il avait vécu. Pour lui le devoir avait toujours consisté en deux choses : ménager l’affection de tous les siens, en envoyant chaque semaine des nouvelles rassurantes, c’était le devoir du bon fils ; puis rester au poste du combat. Son éducation, son instruction auraient pu le désigner pour d’autres grades ou emplois moins périlleux. Plusieurs propositions lui furent faites en ce sens. Mas il les déclina les unes après les autres et tint obstinément à ne point quitter ses camarades de batterie.

Cette abnégation, il est facile de le comprendre, l’avait rendu sympathique. Aussi, nombreux furent les témoignages d’estime et d’affection donnés à sa famille par ses compagnons d’armes, à l’occasion de sa mort. Ils sont résumés avec une parfaite exactitude dans la lettre suivante de son lieutenant :

  • «Je tiens à vous assurer, Monsieur, que votre fils a été unanimement regretté à notre batterie et que ses chefs et ses camarades ont vu avec douleur disparaître ce bon soldat dévoué et courageux, cet affectueux compagnon qu’était Stéphane Balas, ravi à notre affection et à notre sympathie, le 15 juillet dernier.
    Après avoir fait vaillamment son devoir, dans la nuit du 14 au 15, c’est au moment où la batterie se préparait à quitter la position qu’un éclat d’obus est venu l’atteindre. Si cette certitude peut vous être consolante, soyez assuré, Monsieur, que votre fils est tombé non seulement en brave, mais que son âme s’est, sans douleur, envolée de sa terrestre enveloppe pour retourner auprès de son Créateur.
    Mon capitaine me charge de vous présenter ses regrets et ses sentiments de profondes condoléances. Lui et moi et tous ceux de la 2e batterie, partageons votre douleur».

Cet hommage, exprimé avec une sincérité évidente, est une belle oraison funèbre. Le courage et la vertu du «petit soldat» s’imposeront toujours à l’admiration.

Avait-il eu le pressentiment de sa mort prochaine ? On le croirait peut-être à lire les paroles suivantes, extraites de ses dernières lettres :

  • «Nous traversons une période pénible et l’avenir paraît nous réserver des choses plus dures et des angoisses plus grandes. Mais il ne se peut pas que le Ciel permette que tant de sang versé, en un tel esprit de sacrifice, tant de jeunes vies et d’avenirs, donnés volontairement, ne parlent pas en notre faveur.
    Il n’y a que la prière qui nous mette un peu de bien-être et de calme au fond du cœur, en ces jours de tristesse».

Quoi qu’il en soit de ses pressentiments, de semblables réflexions prouvent assez qu’il était prêt, lui aussi, à offrir son sacrifice. Il était bien de la génération des âmes droites. Les ancêtres qu’il pouvait saluer avec vénération dans la gloire  du ciel lui avaient transmis leur héritage de foi et de piété.

Generation rectorum benedicetur.

 

 

le 105e régiment d'artillerie lourde, 15 juillet 1918

 

JMO 105e RAL, 15 juillet 1918, légendé
J.M.O. du 105e R.A.L., 15 juillet 1918

On n'a pas trouvé de J.M.O. (journal des marches et opérations) de la 2e batterie à laquelle appartenait Stéphane Balas (comme son acte de décès le précise).

Mais le J.M.O. du régiment mentionne succinctement la 2e batterie, à la date du 15 juillet 1918 qui a vu la mort de Stéphane Balas. Il est relevé notamment que le 2e et la 1ère batteries «se plaignent des tirs ennemis». Ce sont les éclats d'obus de l'un d'eux qui ont mortellement blessé Stéphane Balas.

 

 

 

acte de décès de Stéphane Balas

 

acte de décès d Stéphane Balas
acte de décès de Stéphane Balas

Aujourd’hui quinze juillet mil neuf cent dix-huit à la ferme d’Harnotay devant nous Arnoult Paul, chef d’escadron commandant le 1er groupe du 105e régiment d’artllerie lourde, sont comparus les : maréchal des logis Séry Georges André et [le] 2e cannonier servant Auvigne Louis, tous deux de la 2e batterie du 105e régiment d’artillerie lourde, lesquels nous ont déclaré que le 2e cannonier servant BALAS Stéphane Marie Antoine, de la 2e batterie du 105e régiment d’artillerie lourde, fils de Jean Baptiste Jules et de Panchon Marie Clotilde Césarine, né le onze mars mil huit cent quatre-vingt-dix-sept à Lyon (1er arr.), département du Rhône, est décédé à la position de batterie, lisière est du Bois du Roi à 2 kilomètres au nord de Venteuil (Marne) le quinze juillet mil neuf cent dix-huit, par suite de blessures de guerre. «Mort pour la France». (…)

 

 

 

Stéphane Balas est mort à Venteuil (Marne) le 15 juillet 1918

 

Venteuil et le Bois du Roi, carte légendée
Stéphane Balas est mort au Bois du Roi (Venteuil, Marne) le 15 juillet 1918

 

Venteuil, juillet 1918 (1)
ruines de Venteuil après l'attaque du 14 juillet 1918

 

Venteuil, juillet 1918 (2)
ruines de Venteuil après l'attaque du 14 juillet 1918

 

Bois du Roi, aujourd'hui
le Bois du Roi au nord de Venteuil, aujourd'hui

 

 

Stéphane Balas, portrait
Stéphane Balas, 1897-1917 (source)

 

 

 

 

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